[la fibre technique #33]
Empreinte Environnementale Part.4

Pour terminer ce cycle de posts sur l’empreinte environnementale des produits je voulais, non pas « boucler la boucle », mais ouvrir la réflexion sur le risque de raisonner juste… sur des données fausses ! 🙃

Nous l’avons vu précédemment, actuellement nombre d’indicateurs, d’outils d’analyse, de liasses documentaires, de logiciels de calcul soutiennent la marche vertueuse de l’industrie vers des pratiques et des choix plus raisonnés et plus raisonnables, pour l’environnement.

Mais c’est sans compter sur quelques éléments de contexte :

1️⃣  Le secteur industriel est souvent tendu. Et qui dit compétition, dit comparaison. Le risque ? Comme toujours dans ces cas-là, ce sont les excès. Et le risque de discrédit sur les efforts effectivement consentis par les entreprises. De fait, s’en suivent des appels d’offres où par-exemple les répondants se retrouvent à remplir des valeurs d’impacts de produits « hors sol » dans des tableaux Excel à XXX lignes ou à retenir pour seul « principe » que « la Chine c’est mal ». 🙄

2️⃣  On ne peut comparer QUE ce qui comparable. Pour suivre une évolution, quelle qu’elle soit, le principe de base est qu’on soit justement sur la même base ! A savoir, les mêmes unités fonctionnelles, les mêmes logiciels, les mêmes documents de références, les mêmes bases de données environnementales, etc. Bref, que tout soit identique. Sans quoi les résultats sont nécessaires biaisés, vu que les données de départ ne sont plus semblables 🤷🏻

3️⃣  L’impact des transports est parfois à dés pipés. Car entre un bateau et un camion, tout dépend de la distance parcourue, et du remplissage du contenant pour savoir qui pollue + ou -, eh oui. Or souvent l’hypothèse retenue est que le contenant est plein à 100%. Ce qui n’est absolument pas systématique dans la réalité.

4️⃣  Le mix énergétique du pays dans lequel le produit est fabriqué est subi, pas voulu. Un produit parfaitement similaire, fabriqué en France à moins d’impact que s’il est fabriqué en Allemagne par-exemple.

Céder aux sirènes du produit le moins impactant -sur le papier- est une facilité. Mais dont le prix à payer est élevé. Alors hâtons-nous de poursuivre nos efforts vers plus d’écoconception, de travailler sur des améliorations factuelles de nos impacts environnement d’une version de produit à la suivante, et de discuter avec les clients afin de définir avec eux leur(s) usage(s) réel(s).

Pour cela, saluons et accompagnons toutes les actions visant à la prise de conscience et à la réduction de ces impacts : ACV, normalisation, fresque du climat, empreinte CO2, etc.

En sachant qu’il est urgent d’aller vite, sans s’essouffler.

Car ces actions nous imposent à la fois un contre-la-montre et un marathon ⏱🏃

Alors, à vos marques ? Prêts à raisonner juste sur des données justes ? C’est parti !

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